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Loango, un repère incontournable de la mémoire africaine Version imprimable Suggérer par mail
03-09-2007

Ce constat a été fait par la centaine de participants au Colloque International sur la "La route de l’esclavage à Loango » s’est tenu, il y a quelques jours, à Pointe-Noire, la capitale économique du Congo-Brazzaville. Organisée par le Gouvernement congolais avec le concours de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), cette rencontre scientifique a regroupé divers spécialistes venus de France, du Gabon, de l’Ile Maurice et du Sénégal ainsi que ceux du pays hôte.

Invités au colloque de la ville océane, le Centre International des Civilisations Bantu et l’Université Omar Bongo y ont été représentés, respectivement, par l’historien Simao SOUINDOULA et l’américaniste gabonais Nicolas NGOU MVE.

La réunion de l’hôtel Mbou-Mvoumvou a été, manifestement, rendue possible grâce à la conjonction de deux faits : la célébration dans l’ancienne capitale du Moyen-Congo du 44ème anniversaire de son accession à la souveraineté internationale et la proclamation par l’UNESCO, de 2004, Année Internationale de la commémoration de la lutte contre l’esclavage et de son abolition.

La vingtaine de communications et allocutions présentée à cette occasion, a mis en relief de nombreux aspects liés à l’intense mouvement mercantaliste enregistré du XVIIème siècle à la première moitié du XIXème siècle sur les côtes d’un segment de la fameuse Basse-Guinée, zone qui s’indivudualisera sous l’appellation de Côte de Loango, et qui, selon l’historien Jean Pierre Thystère Tchicaya, actuel Président de l’Assemblée Nationale du Congo, un des éminents participants au Colloque, s’étendra du Cap Lopez, au Gabon à l’embouchure du fleuve Congo et à l’hinterland de cette façade maritime.

ARTICULATION

L’on notera, à cet effet, et en substance, l’articulation des différentes chefferies vili au commerce côtier, la « Loango Coast » comme zone de libre accès commercial, les velléités portugaises pour s’assurer le monopole du trafic à Ngoyo (Cabinda), et l’impact des activités mercantilistes sur l’évolution d’une grande partie de l’Afrique centrale où se consolidera un réseau de pistes caravanières et voies d’eau qui reliaient Loango avec le Royaume du Kongo et la Colonie d’Angola, au sud ; avec les territoires téké, à l’est et, enfin, les régions adjacant l’Ogooué, au nord.

*L’on retiendra aussi le glissement progressif, au XVIIIème siècle, du trafic vers le sud c’est-à-dire Malimba et Cabinda, le développement, vers le milieu du XIXème siècle, du trafic négrier dans les zones forestières du sud Gabon, pendant la période de la traite illégale et clandestine, avec ses terribles barracons, véritables enfers sur terre, établis au sud de l’Estuaire de l’Ogooué et, un peu plus tard, au nord, au-delà de l’embouchure de ce fleuve, et tout particulièrement, dans la tristement célèbre localité Sangatanga.

Enfin, comme autres questions abordées à Mbou-Mvoumvou, l’on citera le retour en Afrique des anciens esclaves et les nouvelles applications pédagogiques portant sur la traite négrière et l’esclavage.

PERPETUATION

Dans son exposé intitulé : « Les Africains dans les Amériques et les Caraïbes. Langues, Musiques, Arts, Religions », Simao SOUINDOULA a souligné les efforts de survie culturelle que les centaines de milliers de « captifs » négro-africains ont engagé afin de conserver une relative identité linguistique, illustrée par la cristallisation de divers créoles, créativité artistique, dont la preuve de vitalité la plus éclatante est le succès mondial des rythmes – danses afro-américains et afro-caribéens, ainsi qu’une solide perpétuation religieuse qui s’exprimera dans diverses expressions de type syncrétique.

En relation avec, plus spécifiquement Loango, l’expert du CICIBA a mis en évidence, au passage, divers faits attestant la perpétuation du souvenir de cette entité historique et culturelle sur le continent américain et l’ensemble insulaire caribéen. Il a indiqué, notamment, la vénération, aujourd’hui encore, au Suriname, du Mâ-Loango, l’imposition anthroponymique et toponymique loango au Brésil, l’élément chi, ma, ri Luango dans le corpus oral du littoral Pacifique de Colombie, la récurrente constitution à Cuba de « confradias » Congo-Loango, l’existence, en 1749, d’une communauté congo-loango, dans la province de Caracas et la formation, en 1795, d’une milice désignée « Companhia de los Loangos » dans la ville de Coro, dans la région de Serrania, dans l’Etat de Falcon, toujours, au Vénézuela.

TOURISME CULTUREL

L’on notera que le colloque de Pointe-noire, dont l’un des principaux objectifs déclarés est la restauration des sites de traite dans les quatre pays, qui se partagent, aujourd’hui, la formation historique Loango (l’Angola, les deux Congo et le Gabon), a eu une significative déclinaison « Tourisme culturel » avec, entre autres points au programme, la présentation d’un document directeur, intitulé : Le tourisme de mémoire au Congo, ses enjeux sur le projet « La Route de l’Esclave », la visite de l’embarcadère esclavagiste - site actuellement sous forte érosion marine - et du Musée de Loango, situé à une trentaine de km de Pointe-Noire et la présentation de la corrosive pièce de théâtre « Cœurs d’Aryenne » de l’écrivain congolais, décédé, il y a quelques mois, Létembet-Ambily, par l’énergique groupe ponténégrin « Nsi-mbili tchi-nsi »

Invité à se prononcer sur l’importance du Colloque, l’historien d’Awendjé a affirmé que celui-ci constituait un pas de plus en vue d’obtenir une plus grande attention de la communauté culturelle internationale envers Loango, l’un des pans essentiels de l’histoire de l’Afrique centrale, mais aussi, de celle du continent américain et des îles des Caraïbes.

Comme autres actions qui soutiendront le suivi de la réunion, SOUINDOULA a, dans un premier temps, indiqué – le projet de publication par les Archives Nationales d’Angola - de la version portugaise de la remarquable synthèse de Phillis M. Martin, « The external trade of the Loango Coast, 1576-1870 », édité à Oxford, en 1972.

Il a, ensuite, rappelé la tenue, en août 2005, dans la cité atlantique congolaise, du symposium qui sera organisé dans le cadre de la Vème édition du Festival Panafricain de Musique et dont le thème sera – heureuse coïncidence – « Héritage des Musiques d’Afrique dans les Amériques et les Caraïbes ».

Enfin, il est incontestable, pour cet expert du Centre International des Civilisations Bantu, qu’il s’est crée depuis quelques temps, une véritable dynamique internationale en faveur de Loango, qui aboutira, sans nul doute, de Sangatanga à Cabinda, à de grandes réalisations à caractère culturel et touristique.

© http://www.planeteAfrique.com/LaCollecte/
Le 06/02/2005 par Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 

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